Le panneau Albert Ronsin détérioré…
Nous vous informons avec tristesse d'une dégradation importante de la plaque Albert Ronsin sur le chemin de La Bure. Le panneau déjà fragilisé en avril 2023 par un acte volontaire vient d'être sérieusement endommagé. On ne peut que déplorer la bêtise et l'incivisme de ces actes. ce panneau installé par le Club Vosgien retraçait ses engagements avec le texte suivant :
Albert RONSIN (1928-2007)
- Docteur en Histoire (Univ. Nancy II)
- Créateur et Conservateur des Bibliothèques Municipales de Saint-Dié-des-Vosges (1961-1995)
- Créateur et Conservateur du Musée Municipal de Saint-Dié-des-Vosges (1970-1995)
- Vice-Président (1966-1977) puis, Président de la Société Philomatique Vosgienne (1977-1995)
En 1964, il obtient l’aval des autorités scientifiques pour poursuivre les travaux de prospections du site de la Bure découvert au 19ème siècle par messieurs Edouard Ferry et Gaston Save.
Il devient ainsi le 1er directeur des fouilles archéologiques du camp celtique et gallo-romain (1964-1965).
Albert Ronsin était membre du Club Vosgien, Société des Promenades et Sentiers Forestiers de Saint-Dié-des-Vosges.
« Tous ces sites acquièrent une valeur nouvelle lorsqu’on songe que depuis trois mille ans, des hommes comme nous les ont regardés avec le même amour, avec la même fierté. »
Albert Ronsin
Mais on peut en dire un peu plus sur Albert Ronsin, voici le texte de l’intervention de Nadine Ronsin lors de la commémoration des 150 ans de la Philo :
« ALBERT RONSIN ET LA SOCIETE PHILOMATIQUE VOSGIENNE
Albert Ronsin, jeune bibliothécaire est arrivé à Saint-Dié en 1962 pour construire une nouvelle bibliothèque à la demande du maire de l’époque, Monsieur Mansuy.
Dès son arrivée, en plus de son projet de construction, il s’intéressa à la vie locale culturelle déodatienne, c’est ainsi que deux ans plus tard, il fut sollicité par la présidente Mademoiselle Marie-Rose Blech pour le poste de secrétaire de la Société Philomatique Vosgienne avec pour secrétaire adjoint Robert Dodin.
Amoureux de la nature, à chaque pause hebdomadaire, il arpentait les sentiers de la forêt vosgienne à laquelle il demeura attaché tout au long de sa vie. C’est ainsi, qu’en 1964 intrigué par l’aspect de la Bure, il lança la première campagne de fouilles du camp celtique, s’y investissant lui-même physiquement et intellectuellement, ceci jusqu’en 1969 où il céda la place à Georges Tronquart. Les découvertes qui y furent faites allaient de soi qu’il fallait la construction d’un musée pour y présenter tous ces trésors, ce qui fut fait quelques années plus tard.
En 1968, il rédige un courrier à la Compagnie minière des Vosges, Paris afin que les mines de La Croix aux Mines puissent être aménagées de telle façon qu’elles soient visitables. Démarche effectuée en lien à ses travaux et sa mise en valeur du Graduel à la bibliothèque.
En 1975, les réunions se font à la Bibliothèque municipale, il faut savoir qu’à l’époque, aucune structure ne permettait le croisement des associations. Tout naturellement, la bibliothèque sous son impulsion devint le pôle culturel de la Ville où plusieurs associations y furent accueillies. Réunir, lancer des passerelles, se faire rencontrer des personnes diverses mais toutes animées par un seul but : les échanges, le partage des savoirs permettant de les mettre au service du plus grand nombre. Le Centenaire de la Société fut célébré en mettant à l’honneur Max d’Ollone, musicien, Jean-Baptiste-Jacques-Augustin, miniaturiste et Auguste Pierrot, bibliothécaire.
En 1977, il est élu président succédant à Monsieur Georges Trimouille, le musée étant construit, il y accueille les réunions. Il propose la réorganisation du bulletin avec des membres, animateurs et auteurs.
De 1977 à 1996, de nombreux projets se poursuivirent, bien sûr « La Bure » mais d’autres virent le jour comme : « La sauvegarde de la bibliothèque du Presbytère de Senones », « la sauvegarde de la chapelle du Petit Saint-Dié et celle de Saint-Roch » abritant le rétable de Claude Bassot, « la sauvegarde du Haut-fer de La Hallière » après avoir été contacté par le recteur Gérald Antoine, les travaux, la logistique et les animations se mirent en place avec l’appui de la Société Philomatique, et bien d’autres projets que je ne peux développer ce jour.
Plusieurs expositions furent proposées ; « Architecture romane » avec un projet d’un Centre de documentation concernant « Les antiquités historiques de Lorraine » avec M. Burnand, directeur de la 8e circonscription archéologique qui proposa qu’il soit créé à Saint-Dié, qui malheureusement n’a pas abouti ; les « 120 ans de la Société » ; « le Bicentenaire de la Révolution en 1989 », en partenariat avec le Musée, le Club Léo Lagrange, le Lycée Jacques-Augustin et l’association Philatélique de Saint-Dié.
Ceci fut toujours accompagné de publications, ouvrages et catalogues : « Saint-Dié », « La Bure », » Les Vosgiens célèbres » auxquels les membres furent associés, « Le Baptême de l’Amérique » et bien d’autres thèmes qui feront l’objet de publications dans des revues et de nombreuses conférences en Lorraine, en Alsace, en Corse, en Italie, etc.
Création d’un Pin’s en 1991 à l’occasion du 5e centenaire de la découverte de l’Amérique.
Toujours dans une volonté d’échanges et de partage, il représenta la Société au cours de Colloques (ex. en 1993 avec le Bicentenaire du rattachement de la Principauté de Salm à la France à Senones).
Il participa à de nombreuses Journées d’études, ex. (« Etudes Vosgiennes », ex. organisées par Jean-Paul Rothiot, universitaire et le Groupe vosgien, » Les Journées d’études alsaciennes »
Il me parait nécessaire de préciser l’importance du lien auquel il était attaché entre les différentes sociétés savantes. Un lien actif entre sociétés savantes, universités, et acteurs institutionnels que sont les Archives des Vosges, les bibliothèques permettant de rassembler le maximum de chercheurs pour investir un lieu central.
Il organisa de nombreux voyages culturels certes en Lorraine (Vosges du nord) mais également en Bourgogne-Franche-Comté, Jura, Suisse romande, Luxembourg, Prague, Belgique, Allemagne -Spire- 1983) en préparant et commentant les lieux visités ou en faisant appel aux membres compétents de l’association. Ceci dans le but d’élargir l’horizon culturel au-delà de Saint-Dié, succès assuré vu le nombre important des participants.
En 1996, Damien Parmentier, historien devient président, lui-même devenant vice-président puis la présidence fut reprise par Pierre Colin puis par Jean-Claude Fombaron jusqu’à ce jour.
Inutile de préciser qu’il s’intéressa aux travaux de la Société jusqu’à son décès en 2007 après son retrait du bureau le 22 janvier 2000 après 39 ans passés au bureau de la Société pour des raisons qui lui étaient propres.
Nous sommes en 2025, la Société Philomatique est toujours bien vivante, longue route encore à elle en souhaitant avec ferveur que, comme l’ont fait ses prédécesseurs et en particulier Albert Ronsin, elle demeure ouverte, sensibilise le plus grand nombre de chercheurs mais également tous les acteurs indispensables à l’enrichissement personnel et collectif d’une cité qui se doit de conserver la mémoire des découvertes mais également de celles et ceux qui en ont été les découvreurs , passeurs et défenseurs de la connaissance et de la culture.
« C’est ça la culture : c’est tout ce que l’homme a inventé pour rendre le monde vivable et la mort affrontable » parole d’Aimé Césaire.
Je remercie Le Président et les Membres de la Société qui m’ont sollicitée pour représenter Albert Ronsin pour ce 150e anniversaire ».
Nadine Albert-Ronsin
Comme on le constate Albert Ronsin a été un pilier fondamental dans la longue histoire de la Société Philomatique Vosgienne et un acteur culturel majeur de la Déodatie dans cette deuxième moitié du 20e siècle. Le panneau de La Bure ne fait qu’effleurer ce que l’on doit à Albert Ronsin. La plaque va être déposée par le Club Vosgien et remise en état par la municipalité.
T.C.